Entre octobre 2020 et mars 2021, un groupe d’élèves du collège de Questembert s’est investi dans le concours « la flamme de l’égalité ». Sur le thème de la traite négrière, elles ont composé un texte qu’elles ont chorégraphié. Un parcours qui contribue à leur formation scolaire, mais aussi une aventure personnelle où le sensible se mêle à l’histoire.

Elles s’appellent Alicia, Louison, Cléome, Nolwenn, Léana, Lola, Nolwenn, Shayili et Zélie. Elles sont en 4e, au collège Jean-Loup Chrétien à Questembert, et elles ont choisi de s’inscrire à l’atelier d’Histoire de leur collège. Quand leur professeure d’histoire, Guillemette Israël-Sens, leur a proposé de participer au concours « la flamme de l’égalité » sur le thème « esclavage et traites : des crimes contre l’humanité », elles ont tout de suite accepté.

Un chemin tracé ensemble

« Ce sont elles qui ont choisi la production finale », nous explique Guillemette Israël-Sens. « Ce sont elles qui ont débattu, décidé des idées, des connaissances, des mots utilisés, des modalités de la lecture à voix haute (seule, à trois, alterné). Ce sont elles qui ont enregistrées leurs voix pour tenter d’avoir un rendu correct malgré le port masque qui n’a jamais été ôté. Ce sont elles qui se sont pleinement investies pour penser, écrire et incarner cette thématique. Ce sont elles qui ont remobilisé des connaissances historiques et des pratiques littéraires. Ce sont elles encore qui ont émis des propositions pour faire vivre ce projet au-delà du concours. »

Les élèves et Gwénola Morizur

D’étude de documents en ateliers d’écriture, elles aboutissent à un texte qu’elles enregistrent. La phase d’écriture a été accompagnée par Gwénola Morizur, autrice, qui a accepté de se couler dans ce projet en en observant les principes : respecter les choix des élèves et les accompagner dans. leur processus d’écriture sans plaquer ses propres idées. « J’ai été portée par leur enthousiasme et leurs envies autour de ce projet. C’était vivant et fort ! » se souvient Gwénola Morizur.

Pour leur chorégraphie, les élèves ont travaillé avec la professeure de danse Adeline Jégat-Guillemot qui est est intervenue deux fois sur des temps dédiés. Ensemble, elles ont réfléchi à la musique. Les élèves hésitaient sur le choix, Adeline les a orientées vers une musique qui devaient laisser « de la place aux textes lus », « ne pas prendre le dessus ».Comme elles fourmillaient d’idées, toute la chorégraphie est venue très vite.

Cliquer sur l’image pour voir la vidéo

Une aventure formatrice

Les élèves témoignent unanimement du plaisir et de l’intérêt qu’elles ont eu à s’engager dans ce projet. "Cette participation m’a apporté davantage de connaissances et cela m’a permis de travailler mon écriture, d’avoir un vrai projet à travailler avec un groupe. Et bien sûr ma participation m’a apporté du plaisir, par exemple quand on a rencontré Gwénola Morizur" nous explique Cléome. Quant à Nolwenn, elle relie ce travail à son histoire familiale : "J’ai des ancêtres esclaves et ça m’intéressait de savoir ce qu’ils enduraient. En plus l’année dernière, on a beaucoup entendu parlé des bavures policières aux Etats-Unis et je me suis rendue compte que je ne savais pas grand-chose. J’ai aussi lu livres et regardé plusieurs films sur le racisme et je trouvais intéressant de connaître le passé de la communauté noire." Zélie se dit qu’elle pourrait présenter ce travail en 3e à l’oral de DNB "car c’est un travail historique et dans ce travail il y a un message à faire passer ».

’"Au-delà de l’approfondissement des connaissances historiques et culturelles que cette participation a favorisé" souligne Mme Mignot, principale adjointe du collège,"ce projet a mis en œuvre par ailleurs un engagement dans un projet collectif, l’éducation à la citoyenneté, la construction d’une mémoire collective, l’émergence de nouvelles compétences, l’expression d’une certaine sensibilité et le développement de l’autonomie. Une belle expérience, riche en apprentissages, que les élèves ne sont pas prêts d’oublier ! »

Et ensuite ?

En fonction des envies des élèves, un prolongement est possible à différentes échelles. Dans le collège et les écoles du secteur (si le protocole sanitaire le permet), des représentations sont envisagées. Pour la journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage du 10 mai, les élèves partageront leur travail dans chaque classe de 6e du collège dans le cadre des cours d’Histoire-géographie-éducation morale et civique : lecture du texte, diffusion de la vidéo, présentation de quelques travaux réalisés par les classes de 4e sur le même sujet et une petite restitution sera demandée aux 6e. Les élèves souhaitent également communiquer ce projet au Mémorial de l’abolition de l’esclavage de Nantes.

Longue vie à ce projet remarquable ! Et félicitations aux élèves, à leur professeure et à Gwénola Morizur et Adeline Jégat-Guillemot leur engagement sans faille dans ce collectif !